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Si j'avais su que j'étais manipulé aussi gratuitement?

Publié par amourjean@gmail.com sur 13 Mars 2013, 23:07pm

Catégories : #Édito du jour

La manipulation fait partie de notre quotidien, à tel point qu’on ne s’en rend même plus compte.Les enfants apprennent à manipuler par les pleurs ou les cris bien avant de savoir lire ou compter. Ils se doutent que ça leur sera utile plus tard. Et ils ont raison : dès qu’on tente de nous vendre quelque chose, on nous manipule.

Quand j’ai envie de me faire manipuler, je vais au restaurant.

Le serveur m’accueille avec un grand sourire et me salue comme s’il me reconnaissait. Dans les restos où je vais souvent, c’est normal. J’ai renversé quelques verres de vin rouge sur les nappes blanches, il se souvient de moi. Mais on me reconnaît aussi dans les endroits où je n’ai jamais mis les pieds. Je l’ai remarqué, bien sûr, mais on s’en fait rarement avec les gestes qui nous flattent l’ego.

(Notre ego, quand il se fait flatter, devient aussi docile qu’un teckel.)

Le serveur m’offre un choix de cocktails pour l’apéro. Bière ? Gin-tonic ? Mojito ? En prononçant « mojito », il hoche subtilement la tête. Ce que j’entends, rien qu’avec son hochement de tête, c’est : « Désirez-vous une bière plate et sans saveur, un gin-tonic plate et sans saveur ou bien, attendez que j’y pense, j’ai quelque chose spécialement pour vous, vous et personne d’autre, que diriez-vous d’un délicieux mojito ? C’est la spécialité de la maison ! Mioume mioume ! » C’est une technique de vente toute simple qui s’appelle le « Sullivan nod ». Et, même si le mojito est deux fois plus cher que les autres boissons, ça marche ! (Parce que mon ego est un teckel. Je suis un teckel.)

On aime tellement avoir l’impression de recevoir un service plus personnalisé que le reste de la clientèle qu’il suffit qu’un serveur touche la table avec ses doigts pendant qu’il parle pour donner une impression de connivence. Il écrit « Bonne journée » et dessine un bonhomme sourire sur ma facture et voilà que me prend l’envie de lui laisser ma carte de débit et mon NIP en guise de pourboire. (Arf !)

Tout ça est évidemment une question de dosage. S’il met les doigts dans mon verre ou se roule la face dans mon spaghetti carbonara, c’est raté. Le serveur expérimenté sait ce qu’il faut faire. Il me manipule même avec la façon dont il me pose ses questions. S’il me demande « voulez-vous un dessert ? », je prendrai le temps de réfléchir. « Ai-je encore faim ? Ce dessert vient-il à l’encontre de mon régime à base d’eau de source et de dedans de quenouilles ? » Et la sagesse me fera répondre « non, merci ». Mais quand il me dit « Comme dessert, on a le choix entre la tarte au sucre ou le crème caramel », il laisse supposer que j’ai déjà décidé d’en manger et il ne me reste plus qu’à choisir. C’est prouvé depuis longtemps que la façon de poser une question influence la réponse. Si ça marche avec des criminels machiavéliques à qui l’on tente de faire avouer leurs crimes, ça ne peut qu’être efficace avec des clients qui ont une dent sucrée et un cœur de teckel.

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